Humeurs, Lifestyle, Minimalisme

L’horreur derrière les T-shirts à 5€: les sweatshops

Pour moi, sweat shop rimait avec locaux poussiéreux et moites à la frontière américano-mexicaine, comme dans mes livres d’anglais de terminale. On y lisait qles conditions de travail pitoyables que subissaient les couturières mexicaines pour un salaire plus maigre qu’un yaourt 0%. Mais voilà, ça faisait partie des problèmes qui m’attristent, mais sur lesquels je n’ai aucune emprise, comme la faim dans le monde.
Puis je suis tombée tout récemment sur un documentaire intitulé « Sweatshop, deadly fashion« , via the Heartless Witch. Le ton est donné. Un réalisateur emmène trois jeunes blogueurs norvégiens au Cambodge pour voir dans quelles conditions sont fabriqués les vêtements que l’Occident aime porter. Le documentaire aurait vite pu basculer dans une télé-réalité cheap avec des blogueurs en guest-star, mais ce n’est pas du tout le cas. 
Au contraire, les blogueurs ne sont que les mediums utilisés pour aborder le sujet, ils ne sont en aucun cas le sujet. Leurs réactions m’ont paru plutôt sincères.

Au cœur de la polémique, une simple revendication de la part de ces couturiers cambodgiens qui, douze heures par jour, année après année, cousent inlassablement la même couture sur des vêtements qui défilent les uns après les autres. Une femme témoigne, visage caché, et avoue n’avoir cousu qu’une seule et même couture durant ses 10 années de travail. Durant toutes ces années, elle n’aura même pas cousu une chemise de A à Z.
La revendication d’obtenir un salaire, contrepartie d’un travail harassant et usant, qui puisse tout simplement les nourrir.

En effet, le salaire minimum est de 80$ au Cambodge depuis des années. Avec l’inflation, cela ne permet plus aux travailleurs des sweat shops de se nourrir convenablement, et encore moins de pouvoir subvenir aux besoins d’une famille.
Ils demandent ainsi le double de ce salaire minimum, afin de pouvoir prétendre à un niveau de vie décent.

Les manifestations au Cambodge, réprimées par les forces de l’ordre

J’ai de la famille en Thaïlande, mais les conditions dans lesquelles vivent ces travailleurs dans un pays voisin n’a rien à voir avec ce que j’ai pu voir là bas. J’ai retrouvé dans ce documentaire l’Asie chère à mon cœur, avec la pauvreté crue et dure en plus, et ça m’a bouleversée.

Au delà de la volonté de faire attention aux étiquettes des vêtements que j’achèterai, ce documentaire m’a reposé la question de notre manière de consommer. Cela faisait un moment que j’étais fatiguée de surconsommer, d’acheter un vêtement pour m’en lasser aussitôt après, mais de racheter pour pallier à cette lassitude.
Ça a confirmé ma volonté d’acheter moins, mais mieux, et de faire le tri dans ma garde robe. Je revends sur vinted, aux copines, ou je donne, mais j’en peux plus de ne plus savoir quoi mettre alors que j’ai trop de vêtements.

Le documentaire est très bien fait, les images sont jolies et il est bien filmé, et ne dure qu’une heure. Il m’a happée du début à la fin. Vous pouvez regarder l’intégralité en sous-titré anglais sur ce site.
Pour ma part, je m’en vais m’atteler à trier ma garde robe. J’aimerais tendre à terme à un un dressing comme celui de Unfancy, minimaliste, mais largement suffisant. Il est d’ailleurs démontré que lorsqu’on a moins de vêtements, on en porte plus, car on n’en oublie pas. Ironie quand tu nous tiens.

PS: Vous l’aurez peut-être remarqué, le blog a changé de look! J’espère que vous aimerez autant que moi.

Merci de m’avoir lue!
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8 Comments

  1. Cari

    26 janvier 2015 at 10:19

    voila plusieurs années maintenant que j'essaye d'acheter des vêtements avec l'étiquette "Made in [ un pays de l'Europe] ils coutent plus cher et sont de meilleurs qualités. Et là… j'essaye d'user un peu ma montagne de fringues ^^
    Depuis longtemps, je ne suis pas dupe: un t-shirt à 5€ ok mais combien sont pays les gens qui les font… une misère!

  2. Canalis

    26 janvier 2015 at 11:43

    Merci pour le partage supplémentaire de ce reportage <3

  3. Sarah (Renne Beau)

    26 janvier 2015 at 18:14

    Tu fais bien! Je sais pas si j'ai fermé les yeux ou si je ne m'en doutais vraiment pas, mais j'aurais aimé m'en être rendue compte plus tôt, pour pouvoir agir plus tôt 🙂

  4. Sarah (Renne Beau)

    26 janvier 2015 at 18:15

    Je viens de voir que tu as écrit des articles dessus, je file lire ça! 😉

  5. Anonyme

    21 février 2015 at 14:38

    Nous sommes tous responsables et c'est bien de le savoir……Changeons nos habitudes……..

  6. bërengëre.b

    25 mars 2015 at 08:42

    Je suis en pleine recherche de blogs bio et écolo et je tombe sur ton superbe article ! Je crée moi même des vêtements (écologiques à partir de matières recyclés) et ça me fais un bien fou de lire tes mots. Je me sent moins seule dans mon combat. J'ai beau en parler aux gens autour de moi depuis 15 ans, beaucoup s'en fichent du moment qu'ils peuvent acheter pas cher. En tous cas, ton blog est pour moi une superbe découverte ! 🙂

  7. Sarah (Renne Beau)

    25 mars 2015 at 09:42

    Désolée Anonyme, je vois seulement ton message! En effet, il est important de changer nos habitudes et d'en parler autour de nous, et ça changera petit à petit 🙂

  8. Sarah (Renne Beau)

    25 mars 2015 at 10:09

    Merci beaucoup Bërengëre, ça me fait plaisir!
    C'est vraiment chouette que tu proposes une alternative vestimentaire et que tu essaies de convaincre les gens depuis aussi longtemps, ça a dû te demander pas mal de patience 🙂
    Des reportages voient le jour, et le scandale de l'effondrement d'une usine à vêtements au Bangladesh l'an dernier a été largement médiatisé. J'ai l'impression que les gens ne croient que ce qu'ils peuvent voir, et les mentalités changent tout doucement, c'est déjà ça !

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